dimanche 29 juillet 2007

Une découverte

Je viens de rencontrer cet écrivaine et elle m'a permis de lire ses nouvelles littéraires. Je crois que vous devriez la découvrir à votre tour, alors voici un de ses textes.

(Dernière retouche le vendredi 12 mai 2006)

Péché par Gourmandise!

La journée s’annonçait excessivement glaciale. Ma voiture s’était entêtée à ne pas démarrer, je devais donc me résigner à utiliser les transports en commun. Bain de foule malodorant, envahissement de mon espace vital et sprint final jusqu’à la porte de sortie. Je peux dire, qu’après un trajet plutôt mouvementé, j’étais finalement arrivée, saine et sauve, dans la jungle du boulot! Déjà mon bureau croulait sous les dossiers. La machine à café ne fonctionnait pas et le téléphone n’avait pas cessé de me lancer ses « dring, dring » par la tête. Formidable matinée!

Lorsque je réussis enfin à m’éclipser pour l’heure du lunch, question de reprendre des forces, j’eus la surprise de me retrouvée nez à nez avec une ancienne copine de fac. Afin de rester polie, je l’avais écouté pendant quarante-cinq minutes, me parler de sa magnifique carrière, de ses magnifiques enfants, de son magnifique mari, de sa magnifique demeure…blablabla. Par chance, treize heures sonnèrent à ma montre. Dès les promesses mensongères d’usages faites, je suis retournée au boulot avec en main, mon sandwich jambon-fromage-laitue, encore intact.

L’après-midi fut encore plus pénible. Mon patron avait toujours une urgence, le rédacteur en chef voulait son éditorial corrigé pour hier et ma boîte vocale menaçait de me remettre sa démission, si je ne décrochais pas au moins une fois! Je suppliais l’horloge de sonner la retraite à chaque fois que nous nous croisions dans le corridor. Je finis fort heureusement par être entendu. 17h01, je fermais mon ordinateur…17h03, je me trouvais sur le trottoir devant l’immeuble infernal. Le thermomètre n’avait pas bougé d’un cran et le soleil était déjà couché. La question suivante s’imposa à mon esprit : « Allais-je monter dans le prochain bus en direction de chez moi et laisser mon micro-ondes me cuisiner un de ces merveilleux petits plats surgelés ou est-ce que je bravais le froid jusqu’au petit resto italien, nouvellement dans le quartier? » La réponse me vint de mon portable…

- Bonsoir chérie! Je suis désolé, mais je dois travailler tard ce soir. Tu sais ce que c’est, hein!?! Je te retrouve à la maison. Bon, je dois y aller, on m’attend…je t’embrasse. Ciao!

Je pris mon courage à deux mains et remontai le collet de mon manteau, puis je descendis l’avenue jusqu’au petit « ristorante ». En arrivant devant la vitrine lumineuse, j’étais congelée et affreuse. J’ouvris rapidement et m’y engouffrai. L’arôme italien des sauces, m’accueillit. Les lumières venaient d’être tamisées et la musique couvrait légèrement les conversations, camouflant de peu, les avances insistantes de chacun. Tout près, un miroir. Je remis un peu d’ordre dans ma tenue. D’ordinaire, l’hiver avait la fâcheuse habitude de décolorer ma peau. Mais cette fois, le vent avait rosie mes joues, ce qui me donnait un petit air santé et coquine.

La chaleur du four à bois qui se répandait langoureusement dans la pièce, commençait à réchauffer lentement ma frêle ossature. Une hôtesse m’invita à la suivre. Elle me conduisit jusqu’à une petite table qui offrait une vue de choix. Peu de solitaire comme moi, se trouvait dans la salle. Mais combien était venu simplement pour le seul plaisir de leurs papilles gustatives? J’entrepris de parcourir le menu, lorsque je le vis. Il se trouvait à la table opposée à la mienne. Il était seul, un peu à l’écart. Sûrement dernier de son espèce. Il avait un charisme a coupé le souffle! J’avais peine à contenir mon excitation. À ce moment même, dans cette salle pleine à craquer, je sentis monter en moi cet envie…celui de prendre possession de cet inconnu. Poser mes lèvres sur lui et le déguster. Ma respiration devint haletante. Est-ce que mon trouble était perceptible par mes voisins de table? Je regardai à gauche, puis à droite. Personne ne semblait me remarquer.

Je cherchais un moyen de l’aborder, lorsque je décidai que la manière directe était la meilleure. Je me suis levée et me suis approchée, telle une panthère s’avançant sur sa proie. Arrivée à la hauteur de sa table, je fis d’abord le tour en le fixant d’un regard langoureux. Ma langue suivie le tracé de mes lèvres, mes mains l’effleurèrent. Mon désir frisait l’insoutenable. Un dernier coup d’œil aux alentours et je l’agrippai, l’entraînant sous la table. Maintenant à l’abri des regards indiscrets, je le libérais enfin de tout ce qui devenait un obstacle à ce désir. Grâce à la longue nappe, personne ne pouvait me voir profiter ainsi de l’un de ces moments de faiblesse. Mes doigts commencèrent par ses contours, puis mon nez vint humé son parfum et enfin, ma langue entrepris les caresses. N’en pouvant plus de ces préliminaires qui s’éternisent, je m’ouvris à lui. Le laissant pénétré en moi, prenant tous mes sens au dépourvu. Il n’y avait rien de convenable dans mes agissements, mais on ne commande point le désir. Le rythme de ma respiration grimpait ainsi que le degré de mon excitation. Ma main droite allait de son corps à ma bouche, pendant que ma main gauche s’y agrippait fermement. Ce mouvement de va-et-vient fini par provoquer l’expulsion de son liquide chaud, que je m’empressai de lécher. Peu m’importait d’en avoir le visage couvert, je devais en finir avec lui, l’achever!

C’est à cet instant…à cet instant précis que des pas tempêtant se firent entendre. Une main empoigna le bas de la longue nappe. S’en était fait de notre moment de passion!

- Madame?! Qu’est-ce que vous faites sous la table avec ce morceau de gâteau double fondant chocolat?

Pardonnez-moi Seigneur, j’ai encore une fois…péché par gourmandise!

Écris pas Martine Chandonnet

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2 chat(s) ont écrit:

Patq a dit…

Je tenais absolument à être le premier à te laisser un commentaire. Tu doute bien que si je t'ai proposé de publier ta nouvelle sur mon blogue, c'est qu'elle était très intéressante et digne de mention. Merci de ta confiance.

July a dit…

Un autre écrivain de talent !