Un tournage à Paris
(écris dans la nuit du jeudi 9 août 2007)
L’Europe. J’y suis allé il y a 10 ans. J’ai eu la chance d’aller rejoindre une amie qui habitais Paris. Elle était venue étudier à l’école du cirque pendant un an et à son départ elle m’a dit :
- Si tu veux, j’habite Paris. Tu pourrais venir me visiter et tu pourrais dormir chez moi sans problème. Ça me ferait plaisir.
- Attention je pourrais te prendre aux mots.
- Bien, puisque je te le dis.
- Ok, je note.
Trois semaines plus tard je l’appelle de l’aéroport Charles-De-Gaulle. Bien sûr elle était surprise, disons qu’elle ne m’attendait pas de sitôt.
Je me dirige donc vers la station de métro Des Maraîchers dans le 20e et arrive devant sa porte. Qui je vois pas sortir, Mathieu Kassovitz. Je suis tellement surpris que je ne prend même pas le temps de le saluer mais lui est mieux élevé que moi et me tiens la porte pour entrer.
- Qui viens-tu voir?
- Léonore.
- Elle est au troisième, première gauche.
- Merci.
Il quitte sur son chemin, pendant que moi, la porte à la main je le regarde partir. Même pas de salut, pas de compliments, rien! L’ayant perdu de vue, je monte les escaliers pour cogner à la porte de Léonore. Elle me réponds, souriante et me serre dans ses bras. Ils sont tendres et chaleureux. J’entre et elle me fait visiter.
Peut-être êtes-vous comme moi, mais j’ai toujours entendu dire que la vie à Paris était très chère et, donc, que les appartements, petits. Il n’en est rien! Sont appart est immense. Une grande cuisine, un salon immense, une salle de séjour et même un bureau. Mais ce n’est pas tout, 4 chambres fermées et deux salles d’eau. Oui parce qu’en France ils n’ont pas seulement une toilette qui offre toutes les commodités que nous connaissons. Ils faut qu’ils ai une salle de toilette et une salle de bain séparé, ont dirait qu’ils ne sont pas capable de chier dans la même pièce qu’il se lave. Bref c’est un appartement digne du plateau. Elle m’indique ma chambre et j’installe mes trucs afin de me préparer à ressortir.
- Dis-moi, est-ce que c’est possible que Mathieu Kassovitz te connaisse?
- Oui pourquoi tu demandes?
- Ben, je l’ai croisé en arrivant.
- Il est mon voisin de palier.
- Criss méchant voisin!
- Ah ah ah, je m’ennuyais déjà de votre langage. Oui, il vient souvent prendre un café, je te le présenterais si tu veux.
- Ben mets-en, j’capoterais.
Cette même soirée là, je suis allé prendre un perroquet au Clown Bar. Un perroquet est un cocktail typiquement français à base de crème de menthe, Ricard et soda. Je me sentais seul dans cette grande ville jusqu'à ce que Léonore vienne me rejoindre. Lorsqu’elle arriva, elle m’annonça qu’elle avait croisé Mathieu et qu’elle l’avait invité à nous rejoindre. Je me suis mis un peu à stresser. Avoir la chance, après seulement un soirée, de prendre un verre avec un réalisateur que j’admire. J’espère seulement avoir plus de conversation que lorsque je l’ai croisé plus tôt.
Après plus d’une heure de discussion avec Léonore, j’aperçois Mathieu qui arrive. Il se dirige vers notre table, en prenant soin de saluer le patron, et embrasse Léonore qui me présente.
- Mathieu, je te présente Carl-Alexandre. C’est un ami metteur en scène de Montréal. Il est aussi comédien.
- Je suis enchanté de faire ta connaissance de façon officiel, répond-t-il sarcastiquement.
- Ouais, je suis désolé pour plus tôt, habituellement je suis plus bavard. Je pourrais mettre ça sur le dos du décalage horaire.
Il s’installe à notre table et fais signe au garçon afin de commander une bouteille de vin et une assiette de petits saucissons. Nous passons une très grande partie de la soirée à parler cinéma et théâtre, puisque c’est un peu ce qui nous rejoins tous les trois. Pour une des rare fois je me sens très à l’aise. Ma timidité ne fait pas d’apparition surprise. Je suis en confiance, surtout lorsqu’il me demande de lui parler de mes projets réalisés. Il semble content, tellement qu’il me propose d’aller le rejoindre sur le plateau de son film qu’il tourne en ce moment.
- Tu es sérieux? Que je lui demande.
- Bien sûr, si tu es intéressé.
- Quelle question! Ça me ferait énormément plaisir.
- Je quitte mon logis pour 6h00 am demain, viens me rejoindre chez moi pour 5h30 et nous prendrons un café avant que le chauffeur vienne nous chercher.
Imaginez! Moi prendre un café chez Mathieu Kassovitz tout juste avant d’aller, avec lui, sur le plateau de son prochain film ‘Assassin(s)’!
Je n’arrive pas à fermer l’œil de la nuit et ce n’est pas à cause du décalage cette fois. Même la quantité de vin absorbé n’arrive pas à me dégourdir assez afin de sombrer dans le sommeil.
5h13 je suis tout à fait réveillé. Je crois avoir dormi à peine 2h00. Pas grave je me sens en très grande forme. Je saute dans la douche et me dirige vers la première droite. Nous prenons un petit café pendant qu’il termine de se préparer. Il me remet le texte des scènes qu’il doit tourner dans la journée. Le chauffeur arrive et nous amène sur le plateau.
À notre arrivé, bien sûr Mathieu est accueilli comme il se doit. Il est le chef d’orchestre de cette production, en plus d’en être auteur et comédien principal. Son assistante nous accueille avec un café et les nouvelles de la journée. Je me sens tout de suite à mon aise. Mathieu me présente à son équipe comme un ami metteur en scène. L’équipe me rend bien mon aisance.
Toute la journée se passe bien. Dans la matinée j’ai eu l’immense honneur de rencontrer et surtout regarder travailler le grand Michel Serrault. On y tournait une scène dans son appartement.
À l’heure du déjeuner, le dîner pour nous, Je suis même invité à la table des artisans. De belles conversations s’en sont découlées. Mais surtout une rencontre charmante : Hélène De Fougerolles. Une petite femme aux longs cheveux blonds avec des lèvres ultra sensuelles. Comédienne, elle doit tournée une scène d’une fausse émission de télévision.
Nous retournons tous sur le plateau afin d’entamer la deuxième partie de cette journée. Je n’arrive pas encore à croire ce que je suis en train de vivre. Je suis assis à côté de Mathieu et le regarde travailler sans rien dire. J’étudie surtout sa façon de diriger les comédiens. Tout à coup je le vois se retourner vers moi et me dire :
- Est-ce que tu penses que ce serait bien qu’elle réagisse de cette façon?
- Euh!
Disons que je suis quelque peu surpris qu’il s’adresse à moi.
- Tu me demandes mon avis?
- Oui, pourquoi pas? J’aimerais bien savoir ce que tu en penses.
Je me plonge dans le scripte et relis rapidement la scène. Je m’entends lui répondre du tac au tac :
- Je pense qu’elle devrait jouer plutôt la surprise que la déception.
Il me regarde avec un sourire et ne semble pas voir où je veux en venir. Il me demande pourquoi et moi, comme un professionnel, je lui explique mon point de vue. Il est indécis mais m’offre tout de même une chance incroyable.
- Le plateau est à toi.
- Quoi?
- Montre-moi ce que tu veux dire, ce que tu veux exprimer.
Je le vois s’adresser à son équipe et à ses comédiens en leurs signifiant qu’il me cède le plateau le temps de ce plan. Là je capote. Je suis en charge de diriger trois comédiens et une équipe de tournage sur un film écris et réaliser par Mathieu Kassovitz lui-même.
Sans broncher, je me dirige vers Hélène et lui propose mon point de vue. Elle sourit et, contrairement à Mathieu, trouve mon idée intéressante. Je me dirige ensuite vers Pierre, le directeur photo et lui propose un plan rapproché suivit d’un zoom out en contre plongé. Il trouve l’idée intéressante et donne ses indications à ses assistants. Je retourne m’asseoir à ma place près du moniteur, tout juste à côté de Mathieu afin d’observer. Les techniciens sont près et les comédiens aussi. Rien ne se passe. Mathieu se tourne vers moi
- Ils n’attendent que ton départ.
- Tu veux que je leurs cri action?
- Oui, le plateau est à toi.
- Euh! Ok... alors... stand by tout le monde. Moteur caméra?
- Ça tourne.
- Action.
Et je vois les comédiens s’activer devant le moniteur. Pierre cadre le tout et Mathieu est agréablement surpris. Je cris coupé au moment opportun. Je me retourne vers Mathieu et attend son verdict.
- Très intéressant. Tu as bien cerné ton idée. Par contre le la referais pour être certain du son.
Alors nous avons refait la scène deux autres fois car je n’étais pas satisfait de la deuxième prise.
Cette journée c’est déroulé de façon spectaculaire. Par trois fois Mathieu m’a cédé le plateau. J’étais au septième ciel. Comble de bonheur, Chaque scène que je devais travailler, Hélène était en premier plan. Vers la fin de la journée, je vois Hélène s’approcher de moi et m’inviter dans sa roulotte afin de l’accompagner à prendre un verre.
Cette soirée fut toute comme la journée, merveilleuse. Nous avons beaucoup discuté et elle s’est même permise de m’inviter à la retrouver sur le plateau le lendemain. J’aurais bien voulu y passer la nuit mais en même temps, je ne voulais pas tout gâcher. Je suis donc retourner chez Léonore pour me reposer de mes émotions.
Le lendemain, je me suis rendu sur le plateau, tout juste après le déjeuner. J’avais promis à Léonore d’aller prendre le petit déjeuner avec elle. Bien sûr, je lui ai raconté ma journée. Elle non plus n’en revenait pas.
À mon arrivé sur les lieux du tournage, Mathieu m’accueille avec une poignée de main digne d’une longue amitié. L’équipe me salut et me souhaite la bienvenu. Hélène, qui m’aperçoit s’approche de moi et m’embrasse sur les joues, quatre fois.
- Je suis contente de te revoir. J’ai pensé à toi ce matin et je voulais te dire que j’ai beaucoup aimé la façon dont tu nous as dirigé hier. Tu es plein de sensibilité.
- Merci, mais il est facile de travailler avec des comédiens dociles comme vous.
- Sache que je ne suis pas toujours docile, comme tu le prétends.
- Euh... Je n’en doute pas. Là elle m’a un peu coupé le sifflet. Surtout que cette réplique a été dites avec un sourire qui en disait long.
- J’aimerais bien aller prendre une bouchée ce soir avec toi, tu aimerais?
- Mets-en!
- Pardon?
- Je veux dire que j’en serais ravi.
Alors elle m’a fait découvrir un petit resto sympathique. Nous y avons très bien mangé et surtout bien discuté. Cette soirée c’est éternisée, dans le bon sens du terme, à son appartement. Plus petit que celui de Léonore mais tout de même très chaleureux, surtout sous les couvertures, parce que, oui cette fois, je suis resté à dormir contre elle. Nous avons passé une très belle nuit. Les trois autres aussi d’ailleurs.
L’histoire ne vous dit pas la suite mais peut-être vous la racontera-t-elle un moment donné.
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4 chat(s) ont écrit:
Quelle belle histoire ;) *soupir*
J'ai encore une fois apprécié ton écriture. Je crois que je vais devenir accroc! Continue, j'en veux encore...
Martinec13...
Encore une histoire qui me laisse languir? Je veux une fin moi!!! Arghhhh maudit languineux!
Suis jalouse de cette histoire...
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