Voici enfin la fin de cette histoire. Vous pourrez trouver la partie 1 ici, la deux ici et la trois ici.
(écris dans la soirée du mercredi 25 juillet 2007)
Lorsque j’ai rencontré Hélène nous étions autour de la mi-mai. Nous nous sommes vu sporadiquement tout l’été. 90% du temps, Marc-André était présent. Je commençais à m’habituer à sa présence, j’en avais fais mon deuil. Manu était habitué de se faire casser les oreilles avec la même histoire depuis des mois. Et moi? Moi j’étais toujours au même stade. Je ne lui pas dit de peur de perdre ces moments magiques que nous vivions.
Vers la fin de août, j’ai organisé un souper. J’en avais maintenant l’habitude. Mais cette fois j’ai invité plein de monde. Nous étions près d’une dizaine autour de la table. Le vin coulait à flot et les discussions allaient bon train. C’est lors de cette soirée que j’ai cru mourir. Hélène, qui est monteuse de film, nous annonçait son départ pour la côte nord afin de rejoindre une certaine station de télé qui lui offrait un contrat. Un contrat qu’elle ne pouvait pas vraiment refuser puisqu’à Montréal, tout ce qu’elle obtenait ne lui permettait pas de gagner sa croûte. Une chance à ne pas refuser quoi.
Je ne savais quoi dire. Manu me jetais des regards déçu et surtout incompréhensif. Lorsque nous nous sommes retrouvé seul à la cuisine, afin de faire un peu de nettoyage, pendant que nos invités continuaient la soirée dans la salle à dîner il s’est adressé à moi :
- Là tu vas vraiment faire quelque chose.
- Qu’est-ce que tu veux que je fasse?
- Lui dire!
- Mais elle part, ça ne donne plus rien.
- Qu’est-ce que tu en sais? Peut-être qu’elle attend que tu lui demandes de rester. Au pire tu pourrais partir avec elle.
- Et toi la dedans?
- Moi je saurais bien m’arranger.
- Je sais pas si c’est une bonne idée.
- Écoute, c’est pas compliquer. Ça fait plus de trois mois que tu es en amour avec elle, que tu en dors plus la nuit, que tu me casse les oreilles avec cette histoire alors tu lui parles ce soir sinon c’est moi qui le fais, et ce, devant tout le monde!
- Tu ferais pas ça?
- Tu veux voir?
Honnêtement, non! Ça fait deux ans que j’habite avec lui et je le sais très capable de faire ce genre de chose. Manu a la faculté de ne pas avoir peur du ridicule contrairement à certain. Alors il ne reste qu’une chose à faire...
Le souper se termine et tout le monde est bien avancé en boisson. Comme nous sommes tous des artistes sans le sou, personne ne possède de voiture, donc pas de problème de conduite avec facultés affaiblies. Mais ça veux aussi dire qu’Hélène devra partir aussi, à moins de trouver une solution pour la retenir.
Nous sommes passé au salon puisque nous ne sommes plus que 6. Les autres ayant quitté pour aller rejoindre Morphée. Le porto a remplacé le vin et les sourires se font de plus en plus facile. Manu, voyant que je n’agis pas, se lève et propose que nous jouions à vérité ou conséquences. Il faut comprendre qu’avec ce groupe d’amis, nous faisions souvent des partys après les répétitions et ils se terminaient toujours avec cette activité. Ce qui a de bien c’est que ça m’a permis d’embrasser Jennifer en même temps que Sandra, embrasser Stéphanie et danser coller, mais vraiment coller avec Julie. Bref j’en ai profité et ce soir Hélène est là! Manu part le bal :
Manu : Pascal, as-tu déjà couché avec une fille?
Pascal : Ben là, c’est trop facile. La moitié du monde ici savent que oui. Marc-André, vérité ou conséquences?
Marc-André : Vérité.
Pascal : Qui aimerais-tu embrassés ici ce soir?
Marc-André : Je choisirais, sans hésiter, Hélène.
Ah ben tabarnak! Là j’aurai tout entendu! Pour qui il se prend lui? Il n’est pas aveugle, il le sait bien que je trippe sur elle, pourquoi il joue avec moi comme ça? Manu profite de ce moment pour me lancer un regard en voulant dire : qu’est-ce que je te disais.
Marc-André : Hélène, vérité ou conséquence?
Hélène : Conséquence.
Là ça va être beau. Je suis persuadé qu’il lui demandera d’embrasser une personne de son choix et elle le choisira.
Marc-André : Je veux que tu embrasses une personne de ton choix.
Je le savais-tu? Qu’est-ce que je disais. Là il le fais volontairement. Moi qui pensait que c’était un ami.
Elle regarde autour d’elle et nous sourit un après l’autre, comme pour choisir sa proie. Et je sais pas pourquoi, mais tout à coup, je sens ma pulsion cardiaque augmenter. Elle arrête son regard sur moi, et s’approche.
Hélène : Est-ce que tu es d’accord?
Moi : Ai-je vraiment le choix?
Quoi? Qu’est-ce que je viens de dire? Criss que je suis con des fois.
Hélène : Ben,... euh... je peux choisir une autre personne?
Moi : ben non, c’est une blague.
Manu me lance un regard. Elle s’approche et je transpire. Elle dépose ses lèvres sur les miennes. À ce moment précis, je suis ailleurs. Je prend sa tête entres mes mains et approche encore plus son visage du mien. Nos lèvres fusionnent et ce baiser est doux et long. On en oublie les autres. Cette soirée se déroule bien finalement. Un ‘humm, humm’ de Pascal nous ramène sur terre. Je la laisse s’éloigner afin de remarquer qu’elle ouvre à ce moment les yeux. Une fille qui embrasse les yeux fermés c’est bon signe, non?
Il est maintenant près de 4h00 am et Pascal entraîne le monde à partir. Moi, j’ai pas envie qu’Hélène parte alors je me surprends à lui demander de resté si elle préfère. Question d’être poli. Elle accepte. Marc-André aussi! Pourtant je lui avais rien demandé à lui. Je prend un des matelas et l’installe sur le sol à côté de mon lit et indique à Marc-André de s’installer dessus en espérant qu’Hélène accepte le lit avec moi. Mais Hélène propose de dormir par terre et que je partage mon lit avec Marc-André. Elle est folle. Finalement Marc-André se résigne et s’installe sur le matelas.
La nuit se passe très bien. Bien sûr il m’est très difficile de fermer les yeux. Je me repasse sans cesse le baiser en la regardant dormir. Elle est parfaite. La fatigue fait son travail.
Deux jours sont passés depuis cette soirée et Hélène quitte demain. Manu arrive du boulot avec un petit paquet qu’il me tend. Je l’ouvre et aperçoit une série de photos. Je commence à les regarder. Ce sont des photos de notre soirée. Je m’attarde sur celle qui contient Hélène, jusqu'à ce que je tombe sur ‘les photos’. Manu nous a photographié en train de dormir. Je suis couché sur le dos et Hélène a les bras autour de moi! Comment ça que je ne m’en suis pas aperçu!
- Tu vois ce que je te disais? De me lancer Manu.
- Tu disais quoi?
- Qu’elle était aussi folle de toi!
- C’est pas ce que tu disais.
- Tu sais très bien qu’elle sait que Marc-André est gay, elle ne peut être en amour avec lui!
- Oui mais tu essayais de me faire croire le contraire.
- Tu comprends rien à l’ironie toi, hein?
- Qu’est-ce que je fais? Elle part demain.
- Tu l’appelles et tu vas lui parler.
Je prends même pas le temps de répliquer et j’enfile un veston et sort en courant. J’en profite pour crier à Manu de l’appeler et lui dire que j’arrive.
Arrivé à sa porte elle m’ouvre, et sans rien dire je lui prend le visage et l’embrasse. Elle reste un peu surprise mais répond à mon baiser. Nous entrons, tout en continuant de s’embrasser. Je la pousse, gentiment, contre le mur afin de bien la sentir contre moi. Je sens ses mains qui se promènent sur mon corps et qui commence à déboutonner ma chemise. Elle la jette par terre. Je décide de faire de même. À partir de ce moment tout s’enchaîne. Nos mains se perdent sur le corps de l’autre, nos bouches en font de même. Le couloir est parsemé de vêtement et son lit confortable. La nuit entière est utilisée à faire l’amour, à découvrir le corps de l’autre, à se caresser et à recommencer. Nos efforts on eux raison de nous et nous nous endormons comme sur les photos.
Le lendemain matin, je me réveille afin de la regarder dormir encore. Elle doit sentir mon regard sur elle, car à ce moment, elle ouvre les yeux et les déposes sur moi avec un sourire. Je me surprends à lui dire :
- Peux-tu me dire comment ça que nous n’avons pas fait ça avant?
- Ce n’est faute d’avoir essayé, mais j’étais trop gênée et je ne voulais pas briser un couple qui voulait naître.
- Qu’est-ce que tu veux dire?
- Ben...
- Ben, quoi?
- Marc-André...
- Ah, non! Pas encore lui! Pourquoi est-ce qu’on peut pas se concentrer sur nous deux ce matin?
- Ben je croyais que tu étais amoureux de lui!
- Quoi? Moi?
- Ben oui.
- Ah ben celle-là c’est la meilleure. C’est de toi que je suis amoureux!
- Depuis le début?
- Mets-en!
- Je suis désolé, j’y ai pensé souvent mais j’osais pas aborder le sujet.
- Non c’est pas toi c’est moi qui aurais dû oser avant. J’ai jamais été intéressé à lui comme je le suis à toi!
- C’est pas ce qu’il me disait.
MARC-ANDRÉ! Il aura gâcher vraiment tout mon été. Mais pour le moment, je ne dis rien et m’approche d’Hélène pour me coller sur elle.
Ce matin là, nous avons refait l’amour toute la journée. Elle a déplacé son départ pour la fin de la soirée.
Nous avons gardé contact, mais nous ne nous sommes jamais revu. Cette histoire hante mes pensées depuis près de 15 ans. Des fois, je me surprends à chercher au générique des films si je verrais pas son nom. Si jamais vous allez au cinéma et que vous voyez un gars seul qui regarde le générique en entier, dites-vous que c’est moi. Pour ce qui est de Marc-André, nous sommes resté ami mais après une longue discussion tout est rentré dans l’ordre et il a compris.
Cet été là, j’ai perdu une femme, des enfants et une vie a deux.
Fin.

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