vendredi 26 octobre 2007

Lettre à Pauline Marois

Chère Mme Marois,
Je suis un souverainiste convaincu. Je milite en faveur de l’indépendance du Québec depuis mon plus jeune âge. Lors de la course à la chefferie, je vous ai appuyé. Lorsqu’André Boisclair a démissionné, je voulais que vous reveniez en politique pour prendre sa place. Et, maintenant, j’espère hardiment que vous deviendrez la première femme première ministre.

Vous venez de déposer un projet de loi controversé les autres chefs vous critique parce qu’ils considèrent que c’est un brouillon. Des associations d’immigrants crient. Je dois dire que je suis entièrement d’accord avec eux.

Pour moi le Québec est francophone. Mais il est aussi anglais, espagnol, chinois, hébreu, portugais, italien, grec, vietnamien, … Je rêve d’un Québec ou les immigrants seront reçu les bras ouverts. Que leurs compétences soient reconnues. Que leurs cultures soient respectées. Je ne parle pas d’accommodement, mais de liberté. Cette liberté, je sais que nous pouvons leurs offrir.

Lorsque vous leur proposez de devoir apprendre le français, je vous suis. Mais lorsque vient le temps de dire que seulement les immigrants parlant ce ‘fameux’ français pourront se présenter aux élections et contribuer aux caisses des partis, j’ai peur.

Nous avons tous fustigé contre le Doc Mailloux lorsqu’il parlait de l’intelligence inférieure de la race noire! Vous même, lors de l’enregistrement de l’émission de Tout Le Monde En Parle où vous étiez invitée, aviez trouvé que Raël était dangereux en proposant le principe d’intelligence pour avoir le droit de voter. Dites-moi elle est où la différence entre ces propositions et la vôtre?

C’est vrai, il est important de préserver notre langue. Je la pratique du mieux que je peux. J’aimerais que les immigrants qui décident d’adopter notre beau pays pour venir y fonder une famille et fuir souvent la terreur, puissent eux aussi parler français, mais ils doivent avoir le droit de se présenter comme candidat.

Choisir un gouvernement n’est pas une question d’intelligence (sinon celle des politiciens) ni de langue. Choisir un gouvernement est un droit démocratique bien établi ici et dont je suis fier.

Je vais probablement voter pour le Parti-Québécois lors des prochaines élections, mais sachez que mon vote ne tient qu’a un fil.

Un indépendantiste qui à peur.

mardi 23 octobre 2007

Pourquoi je blogue moins souvent.

Je sais que je ne vous poste pas de billets très souvent ces temps-ci. Peut-être m'en voulez-vous? Je suis désolé de vous l'annoncer, mais je suis de glace. C'est que c'est simplement que j'ai moins d'inspiration que d'habitude. Je sais que ça va me reprendre car je la sen arrivé par la porte de derrière.

Je suis tombé sur ce blogue (que tout le monde met en lien) et qui donne 15 bonnes raisons pour ne pas bloguer. Moi ma raison est la 4e!

Voilà!

lundi 22 octobre 2007

Comme l'histoire d'un film (4 et fin)

Voici enfin la fin de cette longue épopée. Vous pouvez lire la partie un, la deux, et la trois.

(écris dans la nuit du jeudi 18 octobre 2007)

Pendant les semaines qui ont suivi, je restais seul chez moi. Je ne voulais pas sortir. Un peu comme si j’avais décidé de me faire prisonnier. Je n’avais eu aucun contact avec ma Montréalaise depuis notre rencontre à l’aéroport. Par contre, j’étais toujours en ligne à chatter avec ma Française. Cette séparation me faisait mal. La distance était difficile. Je la voulais près de moi, pour toujours. Sa copine était revenue d’Australie. Ce retour fut pénible pour ma Française. Elle avait trouvé difficile de lui raconter toute cette histoire. D'ailleurs, ça lui avait pris deux semaines pour lui annoncer. Deux semaines, pendant lesquelles, elles avaient fait l’amour. Moi j’étais abattu. Je ne savais trop quoi penser. Mais l’amour étant ce qu’il est, j’étais prêt à tout lui pardonner.

Cette relation internet et téléphonique nous a coûté cher et a duré plus de trois mois. J’en avais assez. Je voulais aller la rejoindre, mais je venais de décrocher un nouveau contrat ici. C’est à ce moment qu’elle m’a pris par surprise. Elle voulait déménager à Montréal et venir vivre avec moi. Étant solitaire, j’aurais remis cette situation en contexte, mais c’est exactement ce que je voulais entendre.

Durant les deux mois qui ont suivi, je me suis mis à préparer mon appartement pour son arrivée. Elle, de son côté, s’affairait à préparer ses papiers de demande d’immigration. Nous avions convenu de nous marier afin de faciliter la transition. Je sais que le mariage est une grosse aventure, mais j’en avais réellement envie. J’avais envie qu’elle devienne ma femme. Je voulais qu’elle devienne ma Montréalaise.

Tout était prêt. La ‘cérémonie’ au palais de justice. La place dans mes tiroirs. Notre party pour la présenter à mes amis. Il ne manquait plus qu’elle. Dans deux jours, elle serait avec moi, dans mes bras, dans mon lit, dans ma vie.

Comme à l’habitude, nous nous parlions au téléphone au moins une fois par jour. Mais cette journée fut différente. C’était la dernière, pour elle, en sol français. Je crois que nous nous sommes parlé au moins dix fois. Je l’appelais pour un rien et elle faisait de même. Nous étions anxieux et heureux à la fois. Ça faisait tout de même plus de cinq mois que nous n’avions eu la chance de nous toucher, de nous embrasser.

Je devais passer la prendre à l’aéroport vers 18h. J’étais prêt depuis 8h. Mon plan était au point. Comme c’était son premier voyage au Québec, j’avais prévu aller la prendre et l’emmener souper au resto. Ensuite, petite balade en voiture, question de lui faire voir les beautés de la ville et ensuite, soyons quétaine, une petite virée sur le belvédère du Mont-Royal.

Avant de partir pour l’aéroport, je l’appelle une dernière fois afin de m’assurer que tout était parfait.

- J’ai hâte de te voir.

- Oui moi aussi.

- Tu devrais arriver à Montréal pour quelle heure, m’as-tu dit?

- Environ vers 18h30.

- J’ai tellement hâte de te serrer dans mes bras.

- Tu en auras l’occasion, mais il faut que je te laisse, je suis au volant et il y a beaucoup de circulation.

- OK, je te laisse. A tout de suite, mon amour.

- Salut mon prince.

Il était 11h. Je suis parti aussitôt de la maison, car je ne tenais plus en place. J’allais revoir ma Française. L’embrasser. La marier. Elle allait devenir ma femme, ma confidente, mon amie, ma maîtresse et, je l’espère, la mère de nos enfants. Je me suis arrêté manger une bouchée au Pistou déjeuner et ensuite suis aller prendre un café avec mon bouquin.

Il était, maintenant, 17h. J’étais en direction de l’aéroport. La longue attente allait bientôt être récompensée. Vers 18h, je me suis dirigé vers le quai de débarquement du vol de ma Française.

18h15 L’avion se posait.
18h30 Je voyais les premiers passagers arriver à la douane.
18h50 Elle n’était toujours pas apparue dans mon champ de vision. Je me suis donc dirigé vers la porte de sortie. Rien.

Je ne comprenais rien. J’ai cherché à savoir si elle avait été retenue par les douaniers. Rien. Je me suis ensuite dirigé vers le comptoir d’Air France. Après vérification, elle n’avait même pas embarqué dans l’avion. Je saute sur le premier téléphone que je croise, insère ma carte de crédit et appelle son cellulaire. Une voix répond. Une voix féminine, mais pas ma Française.

- Qui est à l’appareil? Que je demande, ne comprenant absolument rien.

- Ce serait plutôt à moi de demander?

- C’est Carl-Alexandre, je veux parler avec Amélie.

- Et vous êtes?

- C’est quoi toutes ces questions? Passez-la-moi tout de suite.

- J’ai besoin de savoir qui vous êtes avant.

- Je suis son futur mari, est-ce assez d’information pour lui parler maintenant?

- C’est vous qu’elle allait rejoindre au Canada?

- Oui, pourquoi toutes ces questions?

- Votre amie est, ..., je suis désolé de vous l’apprendre de cette façon. Elle a eu un accident de voiture.

- Quoi?

- Elle a eu un accident de voiture.

- Oui, j’avais compris. Comment va-t-elle?

- Elle est, ..., décédée.

- Quoi?

- Elle n’a pas survécu à l’accident.

- C’est arrivé quand?

- Probablement lors de son trajet vers Charles-De-Gaulle. Il devait être environ 11h ce matin.

- C’est impossible, je lui ai parlé vers cette heure.

- Je ne sais pas quoi vous dire.

Moi non plus je ne savais plus quoi dire. J’ai raccroché le combiné et me suis littéralement effondré en larme. Ma vie venait de se terminer. Mon coin de pays n’avait plus aucun sens sans elle. Je n’arrivais pas à le croire. Je n’existais plus.

Pour le restant de ma vie, je l’ai gardé près de moi. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour elle. J’avais décidé de continuer malgré les difficultés.

... Je me dis que c’est ce qu’elle veut.

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